NICE-MATIN : Edition du jeudi 12 septembre 2019



Article de Gaëlle ARAMA et Photo de Sébastien Botella

Retrouvez l'article complet dans Nice-matin: Le succès fou du maraîchage local


FERME SAINT-ANTOINE : AGRICULTEURS BIO POUR RENOUER AVEC LEURS RACINES DE GRASSOIS...

Elle est professeure de sciences physiques à Nice. Il est informaticien chez Acoss à Sophia Antipolis. Mais depuis quelques mois, Viviane et Frédéric Cambiotti sont aussi officiellement oléiculteurs et agriculteurs certifiés bio. Un projet de couple. Une aventure familiale. Une histoire de transmission aussi.

"L’idée a germé en juillet 2018 suite au décès de mon papa, André Dalmasso, raconte la dynamique Viviane, 51 ans. Nous avions envie que la maison de mon enfance, le Mas Saint-Antoine, propriété familiale grassoise depuis six générations, retrouve son cachet d’antan. J’ai baigné là-bas dans les bons produits du potager, les haricots de papa, la glace à la tomate de maman".

En quelques mois de labeur, sans week-end ni vacances, les 5.000 m2 de restanques broussailleuses se transforment en cultures, rapidement certifiées bio. Ni serre, ni goutte à goutte.

Le vieux tracteur, apprivoisé par leur fils Victor, 14 ans, reprend du service. Et l’arrosage ancestral par gravité, avec l’eau du bassin de la propriété, est toujours assuré via les tuyaux d’une chaudière à bateau bidouillés par l’aïeul!


"DANS LES CAHIERS DE CULTURE DE MON PÈRE"

Dès le printemps, plants de fraisiers, courgettes, tomates, salades, artichauts sont plantés.

"J’ai repris les cahiers de culture des années soixante de mon père qui y notait les aléas de la météo, les attaques d’insectes, ses réussites, ses échecs". Pas de quoi décourager ces jeunes paysans novices à la double vie professionnelle. "Une fois, on s’est retrouvé à arroser à minuit à la lampe frontale", rigole l’ex chercheuse au CNRS.

Mais la récolte a été au rendez-vous. Et les premiers clients aussi. Grâce d’abord, au simple panneau posé sur le terrain. La vente directe sur place était une évidence.

"On est dans la proximité, on recrée du lien avec nos voisins. J’ai même retrouvé ma maîtresse de CE2! Ce projet, ce n’est pas seulement travailler la terre, c’est rebaigner dans nos racines. C’est aussi nous permettre de financer les frais liés à l’entretien de la maison qui date de 1780. On a réveillé la belle endormie pour lui redonner son goût d’antan...".

Des poules et des ruches?

Et ça marche! Déjà une vingtaine de clients réguliers et une centaine d’abonnés sur le site internet de la ferme qui permet de faire sa commande d’un clic.

Le couple, résidant à Nice la semaine, a encore de fous projets en tête. "Installer une dizaine de poules et des ruches l’an prochain, pour proposer du miel et des œufs", glisse Frédéric.

"Et pourquoi pas, à plus long terme, créer un hébergement à la ferme... Et dans trois ans, planter du jasmin et quelques rosiers centifolia pour faire de la confiture de pétales de rose!", sourit Viviane, en remuant avec amour sa confiture de tomates.

Chut... Recette de famille.

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